L’équipe de recherche en partenariat VIES (Vieillissements, exclusions sociales et solidarités) a obtenu son premier financement par le FRQSC en 2005. Dans le cadre de sa programmation 2018-2022 intitulée « L’inclusion sociale des personnes âgées : enjeux spatio-temporels », l’équipe propose un éventail de projets de recherche et d’activités scientifiques qui s’articulent autour des trois notions clés que sont l’inclusion sociale, l’espace et le temps. Ancrés dans le champ de la gérontologie sociale, ses travaux s’intéressent aux enjeux sociaux du vieillissement. L’équipe croit fermement à l’importance de concevoir les aînés comme des acteurs de leur vieillissement, de mettre en lumière leurs paroles et leurs gestes, leurs capacités, leurs contributions et aussi leurs besoins et leurs difficultés. Cette perspective tend à éviter le piège de voir les aînés comme objets de recherche passifs ou uniquement comme êtres de besoins, dépendants des politiques et des services. Elle a à cœur de mettre en œuvre des projets de recherche qui ont pour objectifs d’identifier les moyens et les pistes d’action pour favoriser une réelle inclusion sociale des personnes âgées et, par conséquent, une amélioration de leurs conditions de vie.

La programmation 2018-2022 de l’équipe VIES approfondit son champ de recherche en s’intéressant plus particulièrement aux rôles des dimensions du temps et de l’espace dans les dynamiques d’exclusion et d’inclusion des personnes âgées. Même si ces deux dimensions sont prises en compte dans la recherche sur les personnes âgées, elles le sont rarement pour étudier les processus d’inclusion /exclusion. Leur prise en compte s’est imposée à la lumière des publications récentes en gérontologie sociale, de nos entretiens de recherche avec les aînés et les intervenants et des observations de terrain de nos partenaires. Elles sont fécondes pour explorer de nombreux thèmes de notre programmation actuelle : identité, diversité, proches aidants, soins palliatifs, fin de vie, deuil, mobilité, logement, accès aux services en temps opportun, politiques publiques, etc.

La prise en compte de ces deux dimensions nous paraît essentielle pour rendre compte des expériences de la vieillesse et pour documenter les besoins des personnes vieillissantes. D’un point de vue individuel, les caractéristiques changeantes d’une même personne dans son parcours de vieillesse (perte du conjoint, incapacités grandissantes, baisse de revenu, etc.) influencent ses rapports aux temps et aux espaces (quotidiens, institutionnels, etc.). Les expériences du vieillissement sont également teintées par les contextes territoriaux et politiques en constante évolution. Remettre au centre de nos analyses les notions de temps et d’espace, leurs influences et leur interaction, nous paraît désormais incontournable pour approfondir notre compréhension du vieillissement et des risques d’exclusion qui guettent les personnes âgées.

Nos travaux nous ont montré qu’un même individu peut se sentir inclus pour ensuite vivre certaines formes d’exclusion, non seulement en raison de changements individuels tantôt lents tantôt rapides, mais aussi en raison des changements dans son milieu de vie ou dans les politiques qui le concernent. Cette perspective devient d’autant plus nécessaire lorsqu’il s’agit de synchroniser les temps vécus individuels et les temps institutionnels. Ce nouveau regard sur les parcours de vieillesse et de territoire des personnes âgées nous permettra de raffiner et d’enrichir les connaissances sur les déterminants de leur inclusion/exclusion, ainsi que sur les meilleures manières d’améliorer leurs conditions de vie.

La programmation de l’équipe VIES se structure autour de 3 axes distincts, mais interreliés, qui chacun à leur façon, viennent enrichir nos connaissances théoriques et pratiques des processus d’exclusions/inclusions vécus par les personnes âgées.

Axe 1 – Rapport à soi et à autrui, dans le temps et l’espace

Le premier axe explore les liens entre identité, représentations sociales, temporalités et espace à travers trois grands thèmes soit les relations intimes, la sexualité et la fin de vie. Cet axe s’intéresse, d’une part, aux influences que peuvent avoir diverses temporalités sur les expériences et constructions identitaires de personne âgées vivant dans divers lieux. D’autre part, il se penche sur les liens entre les constructions et représentations sociales de la vieillesse et du vieillissement et les rapports aux temps et à l’espace vécus par les PA.

Axe 2 – Milieux de vie et dynamique d’inclusion sociale

Le deuxième axe s’intéresse aux trajectoires résidentielles (incluant différentes formes d’hébergement) et aux enjeux de mobilité et d’insertion dans des milieux de vie en transformation et offrant des niveaux différenciés de ressources. Les travaux de l’axe 2 explorent des milieux de vie qui se déclinent à des échelles très diverses, allant d’un centre d’hébergement avec soins au territoire d’une province ou d’un pays, en passant par le quartier. Ils sont regroupés autour de trois grandes thématiques : les quartiers de résidence comme milieux d’inclusion/exclusion sociale; les capacités différenciées des milieux locaux d’assurer le bien-être de leur population vieillissante et enfin, le rôle du lieu dans la définition des modalités du care.

Axe 3 – Enjeux spatio-temporels dans une perspective de politiques publiques

Enfin, le troisième axe porte sur le rôle des politiques publiques, dans une perspective comparée dans le temps et à travers les territoires, en lien avec leur accessibilité et leur générosité à l’égard des personnes âgées. Cet axe s’intéresse principalement à la façon dont les politiques publiques altèrent l’expérience du temps et de l’espace pour les PA. Plusieurs politiques encadrent « les temps » des PA comme les politiques de retraite qui encouragent un retrait hâtif ou tardif du marché du travail selon les conditions économiques ou encore les politiques d’hébergement qui imposent des activités quotidiennes planifiées dans un cadre horaire rigide pour les résidents des soins de longue durée.